La mort du Maréchal de Noailles
La mort du maréchal de Noailles, en 1793, va ouvrir une affaire de succession qui va durer presque 6 ans, et dont la conclusion déterminera le sort d'Yermenonville et de Boigneville.
Le 22 août 1793, vers 17 heures, Louis de Noailles, ci-devant duc, pair et maréchal de France s’éteint, en pleine Terreur, dans sa maison de St Germain en Laye. Commence alors une invraisemblable affaire de succession, dont l’issue va décider du sort d’Yermenonville et Boigneville. 






En 1793, la féodalité ayant été complétement abolie depuis un an, ce ne sont pas les seigneuries d’Yermenonville et de Boigneville qui entrent dans la succession du maréchal de Noailles, mais les deux châteaux et les terres en dépendant, que l’on appelait  « fermes » depuis longtemps. 

Sentant sa fin proche, le maréchal avait rédigé son testament, de sa propre main, le 2 avril 1793. Ce testament a été déposé à sa mort chez un notaire de St Germain en Laye, Denis Odiot de Lardillière qui, en ces temps agités avait abandonné sa particule et se faisait appeler seulement Odiot. A cette époque, ce sont les lois successorales votées par la Convention le 7 mars 1793 qui s’appliquent : en particulier « la faculté de disposer de ses biens, soit à cause de mort, soit entre vifs, soit par donation contractuelle en ligne directe, est abolie, […] en conséquence, tous les descendants auront une portion égale sur les biens des ascendants ». S’il a des descendants, fils ou petits-fils, l’ascendant ne peut disposer à sa guise que d’un dixième de ses biens. Le testament du maréchal ne contient donc pas l’inventaire de ses innombrables propriétés : il contient surtout le legs d’objets précieux à ses proches, et de sommes ou rentes viagères destinées à ses divers employés (concierges, valet de chambre, piqueur, cuisinier, jardiniers, etc.). Ces dernières dispositions, pour usuelles qu’elles soient, ne seront cependant pas sans conséquences, comme on le verra ! 

Les principaux héritiers sont donc les trois enfants en vie du Maréchal : Jean Paul, Adrienne et Emmanuel (la quatrième, Philippine, était morte en 1791).

Mais rien ne se passa comme prévu …. 

Louis de Noailles, qui avait été un familier de Louis XV et de Madame de Pompadour, possédait une maison entourée de beaux jardins à Saint Germain en Laye, où il avait été gouverneur du château. C’était un riche propriétaire, ayant un hôtel à Paris rue St Honoré, et de nombreuses terres et demeures dans toute la France. Il avait d’ailleurs complété ses possessions en achetant des biens nationaux à plusieurs reprises. Son père, Adrien Maurice de Noailles (également maréchal de France), avait épousé en 1698 Françoise Charlotte Amable d’Aubigné, nièce de Madame de Maintenon. Le couple avait été richement doté : Louis XIV avait versé une dot évaluée à 800.000 livres, et Madame de Maintenon avait donné en héritage le marquisat de Maintenon et ses dépendances. 

Rappelons que Louis XIV, pour dédommager Madame de Maintenon des désagréments occasionnés par la construction de l’aqueduc traversant le parc du château, avait fait acheter pour elle par Louvois en 1687 tout un ensemble de seigneuries environnantes, dont Yermenonville et Boigneville. Le tout s’était donc retrouvé en possession de Louis de Noailles. 
Domaine public, Source : wikipedia